11/10/2026
On garde les assiettes dépareillées, les tasses orphelines,
le bol ébréché qu'on ne se résout pas à jeter…
jusqu'à ce que le placard ressemble à une maison de retraite
pour objets auxquels personne ne veut dire adieu.
La vaisselle qu’on n’ose pas jeter
Vous avez ça chez vous ?
Une assiette ébréchée qu’on garde « parce qu’elle peut encore servir ».
Trois assiettes d’un service de six,
dont on ne sait plus très bien où sont passées les trois autres.
Une tasse sans sa soucoupe.
Une soucoupe sans sa tasse.
Un verre rescapé d’un service acheté il y a vingt ans.
Et ce petit bol, là, au fond du placard,
qui a connu trois déménagements et qui tient toujours debout
malgré une fissure qui ferait peur à un géologue.
On les garde.
Parce que jeter une assiette qui peut encore servir,
ça nous paraît presque criminel.
Alors on entasse.
Et puis un jour, on ouvre le placard
et on se retrouve avec une collection improbable de vaisselle dépareillée, incomplète,
parfois franchement fatiguée, mais à laquelle on est inexplicablement attaché.
Chez Ravigote, on connaît bien le phénomène.
Il y a de la vaisselle qui a vécu.
Des assiettes qui ont quelques éclats, des tasses qui ont perdu leurs copines,
des plats qui ne sont plus tout jeunes.
Et bizarrement, on les aime bien.
Parce qu'une vaisselle parfaitement assortie, toute neuve, toute impeccable, c'est joli.
Mais une table où les assiettes ne sont pas toutes identiques, ont chacun leur histoire et où l'on sent qu'on ne vient pas déjeuner dans un catalogue de décoration, ça nous ressemble davantage.
Alors évidemment, on ne vous servira pas une assiette cassée.
Mais une assiette qui a vécu, ça oui.