07/10/2026
Bon bah voila, le patron est de retour de son séjour gersois et de son élan terroiriste tardif. Ça fait bizarre il a moins de cernes. Mais un peu plus d’autres choses (paraît qu’on y mange bien dans ces contrées). Ce qui est fou c’est que même en vacances il ne peut s’empêcher de penser à vous et il a donc entrepris une tournée des distilleries du coin pour vous ramener son coup de cœur en Armagnac.
Son dévolu s’est jeté sur le Château Le Courrejot situé à Condom qui s’offre la particularité, que dis-je, le prestige d’être à la fois récoltant, distillateur et embouteilleur sur la même propriété. Ça peut paraître absurde dit comme ça mais c’est quelque chose qui se fait rare. Surtout que le machin, affaire de la famille Giacosa de parents en enfants, n’est tenue que par le père, jeune retraité, et le fils. Toujours sous l’œil de la grand mère cela dit qui ne manque pas de corriger ou d’ordonner à sa descendance.
On ajoute à cela le fait que le raisin est distillé sur un alambic traditionnel de bouilleur de cru , alambics que l’on recense au nombre de 8 seulement sur le territoire.
En parlant de territoire, là précisément on est en Armagnac Tenareze, l’appellation la plus centrale de l’AOP. Faut que t’imagines que la vallée elle est traversée par un vent digne du pont des Catalans en plein automne et que le sol est aussi poreux que les os de ma cheville. En conclusion les raisins ils sont un peu malmenés et ça donne des armagnacs portés sur la rusticité avec des saveurs d’épices particulièrement prononcées et nécessitant des vieillissements en barrique particulièrement long.
Souvent les Tanareze sont assemblés pour casser cette dite rusticité. Mais pas chez Le Courrejot où ça bosse sur des mono-cépages. Le plus souvent sur de l’Ugni Blanc (comme sur les cuvées que l’on vous propose) mais aussi par exemple sur du Meslier Saint François, un cépage tombé en désuétude, souvent oublié au profit de son cousin le Chenin que la famille reimplante en Armagnac car il est taillé pour la production d’eau de vie.
Retrouvez le Château Le Courrejot chez Kaspar & Lupulin où nous vous proposons :
Single Armagnac 5 ans d’âge
Le profil le plus brut puisque le plus jeune. On fait fi des notes boisées pour se concentrer sur un bouquet particulièrement floral et des arômes poivrés.
Château Le Courrejot 2005
Ça y est on rentre dans des profils plus âgés que certains d’entre vous. Celui ci c’est une merveille de rusticité avec une prédominance des saveurs épicées types bois de santal, muscade et bien évidement poivre, complétées par un profil boisé parfaitement équilibré qui complémente les saveurs épicées avec des notes de vanille et de cannelle sans tomber dans une rondeur excessive bien au contraire. Y’a une petite structure sur la fleur aussi pour amener de l’élégance.
Château Le Courrejot 2000
Celui ci il a carrément connu les francs et mon grand père. D’ailleurs on dirait un peu mon grand père, très élégant, fin mais tu sens qu’il a quand même les mains calleuses. Le bois s’exprime à la perfection on en retrouve toutes les notes avec même une petite amertume qui rappelle le café. Par contre l’an 2000, au delà de nous rapporter une coupe d’Europe etait bien moins ensoleillée que 2005. On est donc sur un millésime qui révèle à fond le profil floral de l’Ugni Blanc avec des saveurs de sureau, de violette également, des notes terreuse. C’est un peu plus patiné et élégant que le 2005 mais du coup un peu moins complexe.
Niveau tarif, l’avantage de tomber sur des pépites en direct c’est que ça sort juste un poil plus cher qu’au domaine. Ça reste un billet mais c’est quand même vachement friendly pour des produits de cette qualité.
A bientôt chez Kaspar & Lupulin