Saveurs Métisses Lormont

Saveurs Métisses Lormont Les quatre femmes de l’association Saveurs métisses ont ouvert leur restaurant en haut du vieux bourg. L’aboutissement d’un projet d’une dizaine d’années.

Retrouvez toutes les news des Saveurs Métisses Lormont sur le site http://saveursmetisses.wordpress.com
22/01/2014

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Les femmes deviennent incontournables au sein de la diaspora africaine. Reportage à Bordeaux, avec le collectif Saveurs métisses.

Lormont : les acteurs de la table d'hôtesDepuis plus d'une semaine et jusqu'à vendredi prochain inclus, on peut mettre l...
16/01/2014

Lormont : les acteurs de la table d'hôtes
Depuis plus d'une semaine et jusqu'à vendredi prochain inclus, on peut mettre les pieds sous la table, à condition de réserver bien à l'avance


entre social et culturel de Génicart, à Lormont. Depuis plus d'une semaine et jusqu'à vendredi prochain inclus, on peut ici mettre les pieds sous la table, à condition de réserver bien à l'avance (1) et d'avoir 12 euros en poche. D'être ponctuel aussi, à 12 h 30. On fait mieux : nous sommes là à 12 heures tapantes, histoire de prendre la température dans les cuisines. Là où « les dames du quartier », comme on les appelle ici, mitonnent les plats proposés aux acteurs du Carnaval des Deux-Rives. La bien nommée table d'hôtes est toujours là.
« C'est la neige qu'on a récupérée pendant le froid », plaisante Houaria alors qu'elle nappe de blanc en neige des tartelettes au citron. On se fait reprendre, « c'est une meringue ». Y compris par Valérie Calmels, la directrice du centre social que l'on reconnaît quand bien même fut-elle coiffée d'une charlotte, qui précise qu'il s'agit d'« une pâte sablée ». Une règle d'hygiène élémentaire - au même titre que le port du tablier - scrupuleusement appliquée par la brigade de la table d'hôtes. « Faut beaucoup soigner les desserts, les filles, parce que pour le client quand le dessert est raté, le repas est raté ». Le conseil vient de Khadija, une des quatre femmes constituant l'équipe de Saveurs métisses dont on rappelle qu'elle propose un service de traiteur (2).
Meilleur moment de la journée
Quelques allers-retours d'un bec à gaz pour un nappage meringué, et le tour est joué, les 60 tartelettes au citron sont prêtes. « C'est tout maison », précise Houaria. Nacira confirme avec « le velouté de carotte confit à la chantilly de chèvre ». L'entrée du jour.
Les premiers clients franchissent la porte du centre social et culturel et se dirigent vers la salle à manger. Des longues tables. « C'est le meilleur moment de la journée parce que c'est très bon et que l'ambiance est très sympa », salive déjà Jacques, un plasticien. Les dames de la cuisine se chargent du service. « C'est très bon ». Le potage n'est pas totalement avalé que les premiers compliments fusent.
Comme tous, le plat principal a été transféré des cuisines vers une petite pièce toute proche de la salle de repas. Le coup de feu, comme on dit dans le jargon de la restauration approche. « C'est un Kebab syrien », révèle Houda. « Houda, c'est la chef de plat aujourd'hui », glisse Fatiha, elle aussi du club Saveurs métisses. D'origine syrienne, Houda énumère la composition de ce qui semble fort appétissant : « Des boulettes de mouton, de bœuf avec des pignons de pins, oignons, poivron rouge et vert, le tout dans une sauce tomate ». « On utilise beaucoup d'épices, surtout du poivre, de la cannelle, de la cardamome ». Envoyez !
Pas si vite, il convient d'ajouter un riz aussi typiquement syrien, « mélangé à du vermicelle que l'on fait un peu revenir ». Houda n'oublie pas « toutes les personnes qui m'ont aidée », dont Hatice et Emine. Toutes les trois connaissent leur première expérience de table d'hôtes.
Triple dose pour Maïté
Le volume sonore baisse dans la salle. Et pour cause ! « C'est super-bon, j'ai aimé aussi le potage avec le chèvre », confie Stéphane. Augustin, stagiaire comme lui de l'Afept Formation donne son avis : « Moi qui apporte ma gamelle, ça change mais là je n'ai plus faim, je suis trop plein ». Ce n'est pourtant pas fini. Un jeu d'assiettes, les petites remplies de tartelettes au citron, meringuées, chassent des grandes plates. Vu ce qu'il reste dans celles-ci, Houda est fixée sur le succès de son kebab.
Le dessert est largement à la hauteur. « J'ai fini celles de mes deux voisins de table », avoue Maïté. Personne n'en doute quand cette jeune femme de Musiques de nuit dit : « C'est un bonheur de venir manger ici ». Et pour finir, thé vert ou café ? À vous de voir.
(1) Réservation pour la table d'hôtes Tél. 05 56 06 06 19. (2) Saveurs métisses. Tél. 06 46 66 49 86.

http://www.sudouest.fr/2012/02/28/les-acteurs-de-la-table-d-hotes-645061-2971.php

Lormont : les acteurs de la table d'hôtes

16/01/2014

Un lieu plein de Saveurs
Trois ans après avoir créé Saveurs métisses, les quatre Lormontaises vont s'installer dans le vieux Lormont pour lancer leur projet de cuisine ouverte sur le monde.

Drôles de dames. Sauf que là, elles sont quatre. Mais la même énergie, la même complémentarité, la même conscience des autres. Là où Kelly, Jill ou Sabrina se jouaient des énigmes, Fatiha, Hafsia, Jackie et Khadija se jouent des senteurs, des parfums et de la bonne chère venue d'ici et d'ailleurs. Et après trois ans de cuisines « nomades » hébergées au centre social et culturel Génicart, elles ont enfin trouvé un endroit pour consolider leur projet et lui donner corps, au cœur du vieux Lormont.
Le Café de la Gironde de la place Auberny. Institution connue de presque tous les Lormontais (lire par ailleurs), devenu Le Rallye puis finalement Le Jardin d'Adam il y a encore un an. Un bar « classique », une cuisine itou mais derrière une immense salle, et au fond un jardin de 1 500 mètres carrés qui laisse, au milieu du bourg doyen, carrément bouche bée. Au-dessus, une salle de 80 mètres carrés, mais aussi un appartement avec trois chambres.
De la table d'hôtes au resto
Dans ces espaces, Hafsia Guermit, Jackie Lacombe, Khadija Merzouk et Fatiha Ngadi se promènent les yeux brillants et l'imagination fertile. « Avec cet endroit, nous concrétisons enfin notre rêve », dit la discrète Fatiha. L'ancienne prof de littérature arabe à Rabat a croisé les Algéroises Khadija et Hafsia, Jackie la Congolaise. Point commun : elles sont surtout lormontaises, réunies par l'amour de la cuisine et le centre social, marmite solidaire. Toutes passées par la table d'hôtes de la structure, elles passent un premier palier en novembre 2009 en créant Saveurs métisses, traiteur associatif pour des buffets venus d'ailleurs… ici. « Nous avons été accompagnées par un comité de pilotage (1) formidable sans qui rien n'aurait été possible », souligne Jackie Lacombe.
« Nous avons été en contrats aidés pendant deux ans, ce qui nous a permis de consolider le projet. » Ajoutez un parrain nommé Jean-Marie Amat au Prince Noir, devenu leur voisin, et vous aurez une motivation béton.
Depuis avril, elles sont à nouveau bénévoles mais, entre-temps, les Saveurs métisses se sont fait connaître doucement mais solidement, dans les limites que permet le statut associatif. Bailleurs, associations, structures culturelles et mairies font régulièrement appel à leurs services. « Il a fallu faire comprendre et accepter à nos familles une activité et des horaires auxquelles elles n'étaient pas habituées », sourit Khadija, ex-femme au foyer.
« Accessible à tous »
Après de longues recherches et des espoirs déçus, la quête d'un endroit pour se poser n'aura pas été vaine. Et si elles se sont engagées personnellement dans le projet financier, si la conjoncture est morose, depuis le 20 décembre où elles ont signé le bail, les locataires de la place Auberny sont gonflées à bloc.
« On veut en faire un endroit ouvert et accessible à tous », résume Hafsia. Restaurant le midi (vendredi et samedi soir) pour commencer, l'endroit sera aussi propice aux soirées associatives, séminaires déjeunatoires (ou déjeuners séminaristes !). Les espaces et leurs variétés, que ces drôles de dames veulent raisonnées, laissent en effet une belle marge d'imagination.
Sous la houlette solidaire de l'architecte Jacques David, les travaux vont commencer et l'ouverture se fera au printemps. Dans le jardin où elles projettent un potager, elles ont déjà planté de la coriandre et quatre noyaux de dattier, pour chacune de ces drôles de dames. Une autre différence avec la série : pas de Charlie dominateur et mystérieux. Et ce n'est pas rien.
(1) Y siègent l'association Didée (centre social), Ville de Lormont, Conseils régional et général, le délégué du préfet (Emmanuel Hemmous puis Ludovic Armoet) Saveurs métisses : 06 46 66 49 ou mail : [email protected].

Saveurs métisses, carré magiqueRéunies par La Table d'hôtes du quartier Génicart, quatre femmes montent leur restaurant ...
16/01/2014

Saveurs métisses, carré magique
Réunies par La Table d'hôtes du quartier Génicart, quatre femmes montent leur restaurant à Lormont

«Jackie, combien de temps au four ? » « 20 minutes. » Mercredi, château du Prince noir, dans la cuisine de Jean-Marie Amat. Le chef prestigieux a deux employées supplémentaires derrière les fourneaux. Hafsia et Jackie sont là depuis une dizaine de jours, prenant la relève de Fatiha et Khadidja qui viennent d'y faire leur stage d'un mois. Les quatre Lormontaises sont en immersion dans la vie du restaurant, étape supplémentaire dans leur parcours vers l'ouverture prochaine de leur restaurant, Saveurs métisses. Ou la belle histoire de quatre mères de famille réunies par l'émigration, la passion de la cuisine et le centre social et culturel de Génicart.
Il était une fois… La Table d'hôtes de Lormont, emblématique action du centre social (lire par ailleurs). C'est là qu'elles se rencontrent, au début des années 2000, participant de manière assidue et de plus en plus passionnée aux rendez-vous artistico-gastronomiques du groupe. Et l'idée de monter une activité germe doucement, dans les têtes des plus disponibles, dans les envies des plus disposées mais sans forcément de démarche collective.
Projet accompagné
« Khadidja cherchait à ouvrir un salon de thé sur la commune, Jackie démarrait la vente de produits sur les marchés, raconte Valérie Calmels, directrice du centre social et culturel. Plutôt que de soutenir et d'accompagner des initiatives dispersées, on s'est dit qu'un projet commun était peut-être la solution. » Avec l'appui de Coop'Alpha (1), le groupe se constitue de cinq personnes au départ : malheureusement, pour des raisons de santé, l'ultradynamique Ogan ne pourra pas être de l'aventure. Qu'à cela ne tienne : elle sera présidente de l'association Graines d'initiatives, cadre employeur des quatre cuisinières, aujourd'hui en Contrat unique d'insertion (CUI). Car l'objectif est bien là : la création d'activité, d'emplois. Vice-président : Jean-Marie Amat, fidèle compagnon de La Table. « Une histoire d'amitié », insiste Jackie.
« Les partenaires (2) ont su chacun assouplir leur fonctionnement et faire les efforts nécessaires pour rendre possible le financement du projet, salue Valérie Calmels. C'est une démarche volontariste, un accompagnement très fort sur deux ans. » « Au bout de ces deux années, nous devons être autonomes : c'est notre défi », sourit Hafsia Guermit, qui s'occupera plus particulièrement de la gestion.
Couscous aquitain
Depuis le 1er avril, Saveurs métisses a démarré une activité de traiteur. Le bouche-à-oreille cartonne logiquement, et les commandes progressent. « Notre premier gros défi, c'est le buffet dînatoire que nous faisons pour la CAF le 8 juin au Mégarama, explique Fatiha Ngadi. 457 personnes sont prévues. » Ah ouais quand même.
« Je ne leur donne pas de conseil particulier, dit, modeste, Jean-Marie Amat. Elles doivent réaliser ce qu'est le quotidien d'un restaurant, en termes d'accueil, d'animation, d'économie. Et de rythme quotidien. Je n'ai aucune inquiétude sur leur cuisine. »
Qui est venu une seule fois à la table d'hôtes sait que cette dernière est un savoureux et fin croisement des traditions africaines, nord-africaines et française tendance sud-ouest bien sûr. Et spéciale dédicace à leur couscous aquitain, avec canard et asperges…
L'ouverture du restaurant, aux soirées animées et thématiques, est programmée pour le début de l'année 2011 à Lormont dans un lieu encore à trouver. Cela pourrait être le café de la nouvelle médiathèque que suggère la mairie, ou ailleurs. Mais entourées et volontaires, Fatiha, Hafsia, Jackie et Khadidja trouveront. Ouvriront. Et on ira.
Saveurs métisses : 06 46 66 49 86 (1) Installée à Lormont, cette coopérative d'entrepreneurs mutualise les moyens pour permettre un meilleur démarrage d'activité. (2) Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire (Cress), Conseil régional et général, ville de Lormont, Fondation de France, Coop'Alpha, État.

Jackie, Khedoudja, Hafsia et Fathia sont en passe de réaliser leur rêves : elles vont ouvrir leur restaurant à Lormont. ...
16/01/2014

Jackie, Khedoudja, Hafsia et Fathia sont en passe de réaliser leur rêves : elles vont ouvrir leur restaurant à Lormont. Ces quatre Lormontaises se sont rencontrées au Centre social, dans le cadredes « tables d’hôtes ». Leur passion pour la cuisine les a vite soudées. Ainsi est né le service
traiteur Saveur métisses. Encouragées par le Centre social, soutenues par de nombreux partenaires
(au premier rang desquels la Ville de Lormont) et parrainées par le chef étoilé Jean-Marie Amat, les
quatre complices viennent de s’installer place Auberny.Au delà du bar-accueil, visible depuis la rue, la fine équipe dispose de deux salles à manger, d’une terrasse et d’un jardin, calme et ombragé. De quoi recevoir confortablement jusqu’à une centaine de gourmands à chaque service. « On a déjà cuisiné pour plus de 400 personnes,
sur plusieurs repas de suite », précisent-elles, certaines de pouvoir assurer. Elles vontd’ailleurspoursuivre en parallèle le service traiteur qui a fait leur renommée.La force de Saveurs métisses, c’est la cuisine : une cuisine authentique et créative. Les recettes sont
internationales et très variées : blanquette de veau, tajines, bœuf bourguignon, couscous, poissons en papillote, paella... le tout préparé à partir de produits frais. Pas de conserves, de surgelé
ou de sous-vide chez ces dames !
Que des produits du marché, achtés directement aux producteurs, et complétés par la production de leur propre potager.Saveurs métisses, 5 place Auberny. Comptez 12 à 16e par personne, hors boissons. Renseignements et réservations : 06 46 66 49 86. Adossé au coteau de Carriet se
niche un joli jardin en terrasses. Depuis le mois d’avril, tomates, salades, courgettes, concombres et autres légumes de saison y remplacent la friche herbeuse. Ce jardin pas comme les autres est un lieu collectif et partagé. Le projet qui répond au souhait des habitants de développer une action autour
du jardinage, est porté par l’association Didée. La Ville de Lormont et Domofrance y contribuent par un soutien technique et financier*. L’objectif est d’inciter les habitants à investir ce jardin, à participer à sa mise en culture et à son entretien, à partager des savoirs et des techniques. Pour assurer son démarrage, Didée a recruté Christophe, un habitant du quartier. Celui-ci s’occupe chaque
jour des 400 m2 de cultures raisonnées qui n’utilisent ni pesticides ni
engrais. Il est régulièrement rejoint par des voisins qui apprécient ces instants partagés dans lesquels ils trouvent un peu d’évasion. « Les personnes qui donnent un coup de main sont payées en retour en légumes, explique Christophe. Le reste de la production est proposé à la vente à un prix symbolique. Matin et soir, les habitants viennent choisir leurs légumes, c’est aussi un moyen de s’approprier le jardin ». Les enfants ont quant à eux déjà adopté agnelles et poules qui évoluent gaiement non loin.

28 septembre - Buffet au Rocher de PalmerPrésentation Saveurs MétissesJackie Lacombe, Hafsia GUERMIT, Fatiha NGADI,Khadi...
16/01/2014

28 septembre - Buffet au Rocher de Palmer
Présentation Saveurs Métisses
Jackie Lacombe, Hafsia GUERMIT, Fatiha NGADI,Khadija Merzouk (absente)

Les femmes deviennent incontournables au sein de la diaspora africaine. Reportage à Bordeaux, avec le collectif Saveurs ...
16/01/2014

Les femmes deviennent incontournables au sein de la diaspora africaine. Reportage à Bordeaux, avec le collectif Saveurs métisses.

« On ne demande pas à être assistées, on est des battantes, on ne compte que sur nos propres forces! » Sous le regard approbateur de ses amies, Fatiha sourit avec malice. Toutes quatre sont plutôt fières d’elles. C’est ici, au centre social de Lormont Génicart, qu’elles ont installé leurs cuisines. Dans ce quartier de la banlieue bordelaise composé à 80% de logements sociaux, alors que le taux de chômage explose, leur petite entreprise de traiteur se développe à toute allure.
Tout en s'activant aux fourneaux, les membres du collectif Saveurs métisses racontent leurs parcours, souvent différents. Il y a vingt ans, Jackie tenait un salon de coiffure au Congo Brazzaville. « Moi, j'ai quitté l'Algérie en 2001, à cause des évènements, se souvient Khedoudja. Je voulais que mes enfants puissent grandir dans un environnement stable ». Fatiha était professeur de littérature au Maroc. En arrivant à Bordeaux, en 2001, elle devient bénévole pour l'aide aux devoirs. Avec son diplôme en comptabilité, Hafsia gère les finances de l’association. C'est la plus ancienne: elle fréquente le centre social depuis qu'elle est toute petite.
Côté cuisine, cela se traduit par un fin mélange de traditions africaines et françaises. Dans leurs menus, le bœuf bourguignon côtoie le tajine et le baklava. Inventives, les quatre cordons bleus ont même imaginé un couscous aquitain, au canard et aux asperges. « Les gens ont adoré! », raconte Jackie.
Parrainées par un chef étoilé

Leur aventure culinaire a commencé il y a dix ans, autour de la table d'hôte solidaire du centre social. Avec d'autres femmes, elles assurent – bénévolement - les repas pour les artistes de passage à Bordeaux, lors des festivals. Elles y nouent une passion commune et une amitié profonde. En 2008, c'est le déclic. « On s'est dit, pourquoi ne pas monter notre propre entreprise? », raconte Khedoudja.
Avec le soutien du centre social, et de la mairie, elles apprennent à monter un dossier pour obtenir des aides, et enchaînent les formations, parfois au contact des plus grands. Le chef étoilé Jean-Marie Amat, impressionné par leur énergie et leur talent, est ainsi devenu leur parrain. L'an dernier, il les a accueillies pendant un mois dans son restaurant, le Château du Prince noir. « Travailler en équipe, gérer une cuisine et gagner du temps, on avait beaucoup de choses à apprendre », confie Khedoudja.
Depuis, par fidélité comme par manque de moyens, elles continuent à cuisiner au centre. « Mais on commence vraiment à se sentir à l'étroit. Et puis ici, on manque de fours, de frigos... alors vous imaginez quand on a des buffets de 400 personnes! », explique Jackie. Saveurs métisses ne fonctionne qu'au bouche-à-oreille, mais les grosses commandes affluent. En contrat unique d’insertion (CUI), les quatre cuisinières comptent bien réussir à se salarier. La prochaine étape ? Ouvrir leur propre restaurant à Lormont. « Si tout va bien, ce sera chose faite en 2012… », murmure la quinquagénaire.
« Femmes noires, mentalités blanches »

A l‘image de Saveurs métisses, de nombreux projets portés par les femmes issues de l’immigration émergent, depuis quelques années en Gironde. « Femmes noires, mentalités blanches » : c’est comme ça que les définit le Sénégalais Mar Fall. Dans son dernier livre (Présence africaine à Bordeaux, de 1916 à nos jours), le sociologue analyse la montée en puissance des femmes africaines dans la cité girondine.
Depuis quarante ans, il s’est beaucoup penché sur Le Bordeaux des Africains, nom d’un précédent ouvrage (1989). Mais à l’époque, les protagonistes sont surtout des hommes. Des ouvriers, artistes ou intellectuels qui ont laissé femmes et enfants au pays. Depuis, le regroupement familial a changé la donne. « Ce sont elles qui commandent, explique Mar Fall. Si vous sortez dans la rue à Bordeaux, qui vend ? Qui fait du business ? Elles. »
En Afrique aussi, les femmes travaillent, ce n’est pas nouveau. Les « Mama Benz » en sont le meilleur exemple. Ces redoutables commerçantes, ainsi surnommées pour leurs rutilantes Mercedes Benz, dirigent le commerce prospère du tissu sur les marchés de Cotonou et de Lomé. Seulement, en France, loin de la famille élargie à qui l’on doit rendre des comptes, le face-à-face avec leur mari a sans doute profité aux femmes.
« Pour moi, cela a été un véritable défi, raconte Khedoudja. J’ai du obliger mon mari à accepter ma nouvelle situation ». Femme au foyer, elle s’est toujours occupée de ses enfants – les plus jeunes ont sept et dix ans -, tandis que son mari travaille en intérim sur des chantiers de construction. Avec Saveurs métisses, il lui arrive de rester au centre social jusqu’à trois heures du matin, s’il le faut, pour terminer une grosse commande. « Finalement, tout le monde s’est habitué à mon nouveau rythme, je prépare les repas à l’avance, on se débrouille », raconte la maman.
Rentrer au pays? Pas question!

Pour Mar Fall, les femmes africaines sont parvenues à obtenir « un statut beaucoup plus enviable ici que là-bas ». Cette émancipation passe par une meilleure maîtrise des naissances, grâce au planning familial et à la contraception. Par un véritable activisme associatif, également, en luttant contre la pratique de la polygamie ou de l'excision.
C'est le cas de l'Union des travailleurs sénégalais de France (UTSF), dont trois quart des membres sont des femmes. Avec plus de mille cotisants, c'est la plus importante association de ressortissants africains en Gironde, précise l'universitaire Mar Fall. Pour faire entendre sa voix, l'UTSF organise chaque année une journée de la femme africaine. Et il y a Les Pagneuses, une compagnie de théâtre réservée aux membres féminins, qui allient l'utile à l'agréable. « Nous nous amusons beaucoup, mais c'est aussi une façon de faire de la sensibilisation, d'expliquer aux femmes qu'elles ont des droits », explique Jackie, qui cumule les talents de cuisinière et de comédienne.
Face à ces femmes puissantes, les hommes, dont le projet initial était souvent de rentrer au pays après quelques années, ont du se faire une raison. « Pour celles qui se sont battues, qui bossent et qui maîtrisent leur vie ici, il est hors de question de repartir », affirme Mar Fall. Et puis il y a les enfants, qui ont grandi ici. Logiquement, ils poursuivront également leurs études dans l'Hexagone. Un sourire en coin, le sociologue se souvient d'une conférence à laquelle il a participé, au début des années 1990. Face à la diaspora, il explique qu'il ne croit pas du tout au retour des familles dans leur pays d'origine. « Ca a déclenché un tollé. Les hommes n'étaient pas du tout d'accord. Et aujourd'hui, ils sont encore tous là!

Drôles de dames. Sauf que là, elles sont quatre. Mais la même énergie, la même complémentarité, la même conscience des a...
14/01/2014

Drôles de dames. Sauf que là, elles sont quatre. Mais la même énergie, la même complémentarité, la même conscience des autres. Là où Kelly, Jill ou Sabrina se jouaient des énigmes, Fatiha, Hafsia, Jackie et Khadija se jouent des senteurs, des parfums et de la bonne chère venue d’ici et d’ailleurs. Et après trois ans de cuisines « nomades » hébergées au centre social et culturel Génicart, elles ont enfin trouvé un endroit pour consolider leur projet et lui donner corps, au cœur du vieux Lormont.

Le Café de la Gironde de la place Auberny. Institution connue de presque tous les Lormontais (lire par ailleurs), devenu Le Rallye puis finalement Le Jardin d’Adam il y a encore un an. Un bar « classique », une cuisine itou mais derrière une immense salle, et au fond un jardin de 1 500 mètres carrés qui laisse, au milieu du bourg doyen, carrément bouche bée. Au-dessus, une salle de 80 mètres carrés, mais aussi un appartement avec trois chambres.

De la table d’hôtes au resto

Dans ces espaces, Hafsia Guermit, Jackie Lacombe, Khadija Merzouk et Fatiha Ngadi se promènent les yeux brillants et l’imagination fertile. « Avec cet endroit, nous concrétisons enfin notre rêve », dit la discrète Fatiha. L’ancienne prof de littérature arabe à Rabat a croisé les Algéroises Khadija et Hafsia, Jackie la Congolaise. Point commun : elles sont surtout lormontaises, réunies par l’amour de la cuisine et le centre social, marmite solidaire. Toutes passées par la table d’hôtes de la structure, elles passent un premier palier en novembre 2009 en créant Saveurs métisses, traiteur associatif pour des buffets venus d’ailleurs… ici. « Nous avons été accompagnées par un comité de pilotage (1) formidable sans qui rien n’aurait été possible », souligne Jackie Lacombe.

« Nous avons été en contrats aidés pendant deux ans, ce qui nous a permis de consolider le projet. » Ajoutez un parrain nommé Jean-Marie Amat au Prince Noir, devenu leur voisin, et vous aurez une motivation béton.

Depuis avril, elles sont à nouveau bénévoles mais, entre-temps, les Saveurs métisses se sont fait connaître doucement mais solidement, dans les limites que permet le statut associatif. Bailleurs, associations, structures culturelles et mairies font régulièrement appel à leurs services. « Il a fallu faire comprendre et accepter à nos familles une activité et des horaires auxquelles elles n’étaient pas habituées », sourit Khadija, ex-femme au foyer.

« Accessible à tous »

Après de longues recherches et des espoirs déçus, la quête d’un endroit pour se poser n’aura pas été vaine. Et si elles se sont engagées personnellement dans le projet financier, si la conjoncture est morose, depuis le 20 décembre où elles ont signé le bail, les locataires de la place Auberny sont gonflées à bloc.

« On veut en faire un endroit ouvert et accessible à tous », résume Hafsia. Restaurant le midi (vendredi et samedi soir) pour commencer, l’endroit sera aussi propice aux soirées associatives, séminaires déjeunatoires (ou déjeuners séminaristes !). Les espaces et leurs variétés, que ces drôles de dames veulent raisonnées, laissent en effet une belle marge d’imagination.

Sous la houlette solidaire de l’architecte Jacques David, les travaux vont commencer et l’ouverture se fera au printemps. Dans le jardin où elles projettent un potager, elles ont déjà planté de la coriandre et quatre noyaux de dattier, pour chacune de ces drôles de dames. Une autre différence avec la série : pas de Charlie dominateur et mystérieux. Et ce n’est pas rien.

(1) Y siègent l’association Didée (centre social), Ville de Lormont, Conseils régional et général, le délégué du préfet (Emmanuel Hemmous puis Ludovic Armoet) Saveurs métisses : 06 46 66 49 ou mail : [email protected].

Dans un décor mélangeant culture occidentale et africaine, le restaurant saveurs métisses a le plaisir de vous faire déc...
14/01/2014

Dans un décor mélangeant culture occidentale et africaine, le restaurant saveurs métisses a le plaisir de vous faire découvrir des menus qui vous feront voyager.

La recette du poisson farci par le traiteur Saveurs Métisses Lormont  Ingrédients pour 6 personnes :- 1 poisson de 1,5 k...
14/01/2014

La recette du poisson farci par le traiteur Saveurs Métisses Lormont

Ingrédients pour 6 personnes :

- 1 poisson de 1,5 kg environ (vieille, bar ou mulet)

- 1 oignon

- 2 gousses d’ail dégermé

- 1 c. s. de concentré de tomate

- ½ botte de persil

- sel et poivre

- 1 œuf

Ecailler et vider le poisson.

Enlever la chair du poisson par le dos, à l’aide d’un couteau bien aiguisé, et sans abîmer la peau.

Mixer grossièrement le poisson avec les autres ingrédients.

Mettre la farce dans le poisson et recoudre le dos.

Huiler un plat et disposer le poisson à l’intérieur, décoré de rondelles de tomate et de poivron vert.

Mettre au four à 180° pendant 20 minutes. Servir accompagné de riz blanc et de bananes plantain bien mûres, coupées en rondelles et frites.
Retrouvez la recette et nos news sur http://saveursmetisses.wordpress.com/

12/01/2014
Dans ces espaces, Hafsia Guermit, Jackie Lacombe, Khadija Merzouk et Fatiha Ngadi se promènent les yeux brillants et l’i...
12/01/2014

Dans ces espaces, Hafsia Guermit, Jackie Lacombe, Khadija Merzouk et Fatiha Ngadi se promènent les yeux brillants et l’imagination fertile. « Avec cet endroit, nous concrétisons enfin notre rêve », dit la discrète Fatiha. L’ancienne prof de littérature arabe à Rabat a croisé les Algéroises Khadija et Hafsia, Jackie la Congolaise. Point commun : elles sont surtout lormontaises, réunies par l’amour de la cuisine et le centre social, marmite solidaire. Toutes passées par la table d’hôtes de la structure, elles passent un premier palier en novembre 2009 en créant Saveurs métisses, traiteur associatif pour des buffets venus d’ailleurs… ici. « Nous avons été accompagnées par un comité de pilotage (1) formidable sans qui rien n’aurait été possible », souligne Jackie Lacombe.

Adresse

5, Place Auberny
Lormont
33310

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