03/10/2026
Suite 12
Bonjour, je suis Olivier Escavi, arrivé au Don Quichotte par le plus grand des hasards en novembre 1976.
S'il y a une chose qui est importante dans un restaurant, c'est l'état des toilettes. Au Don Quichotte deux portes, une pour les dames, l'autre pour les mâles, ceux qui ont des difficultés à viser, après absorption d'alcool, pisse in assurée tous les week-end, passage du balai espagnol en cours de soirée. Mais les toilettes donnent lieu au petites histoires sympas. La première avant que j'oublie, fut justement l'installation d'une pissotière pour tenter de rendre le carrelage moins glissant. Et comme dans cet établissement tout se faisait avec le minimum d'argent, pourquoi dépenser, pourquoi payer, pourquoi donner, pourquoi acheter ? Non, tout était à la dem***e, et là le gérant avait fait fort. Dans un angle, il y avait un magnifique tuyau d'évacuation des eaux pluviales, donc dans l'autre angle, une pissotière, un tuyau le long du mur vers le bas, un trou dans le tuyau de l'eau de pluie, et hop, une vingtaine d'années à arroser le terrain de l'urine des clients ! Chouette, non ? Carrelage noir, avec la condensation, une véritable misère à nettoyer, mais une odeur magique qui nous poursuit encore aujourd'hui, enfin, ma soeur amie Rozenn et moi-même qui continuons à sortir nos bouteilles d'alcool à brûler pour désinfecter tout ce qui est désinfectable, poignées de porte, cuvette, lunettes de vue et de ch****es, plastique, guidon de vélo, semelles de chaussures, absolument tout, et là, vraiment on peut dire merci le Don Quichotte, tu nous as transmis la passion de l'alcool, et pas que celui là, nous verrons cela plus t**d ! Hic !
Avec un chiffon, tout y passait des murs aux toilettes, lavabo, robinet, portes, tuyaux d'évacuation, plus un seul microbe, au moins aux toilettes !
Lors de mon premier séjour, 1976-1979, tous ces gens très bien, venaient, comme cela était indiqué, en tenue correcte exigée. Bien mis sur eux, pas mal de regards condescendants avec le petit personnel, on se tenait bien à table, mais festin faisant, ceux qui rentraient vers 20H30 avec une sorte de raideur dans le mouvement, allaient de temps en temps, vers les 3h00 du matin dans les commodités voir si leur raideur avait changé d'endroit. Quand vous avez un coup dans le nez, vous avez l'impression que personne ne vous voit, sauf le mec qui met les disques pour faire danser, et qui du haut de son perchoir, observe tout. Et c'est là que un couple entrait le plus rapidement possible, et ressortait aussi rapidement qu'il était entré, tu avais le mec qui ouvrait la porte, s'introduisait, et la dame qui attendait que les toilettes des femmes soient occupés, pour appuyer sur la poignée, ah zut il y a du monde, je vais aller chez les hommes. Tac, tagada tac tac, ni vu ni connu, sauf par le vo**ur qui n'en était pas un, mais désolé, j'avais les yeux partout. Il y a eu de tout, le coup classique de cette femme qui sort avec l'arrière de sa jupe coincé dans sa culotte, le mec qui sort précipitamment, tête baissée et qui rentre dans le client qui attend, et qui à son tour ne peut ouvrir la porte, magie, magie, une minute après deux yeux pas vraiment clairs, une tête qui sort pour voir le paysage, puis le corps entier qui se faufile sous le regard amusé du suivant !
Pour terminer avec les toilettes, trois choses. Le jour où ras le bol des divers insectes qui remontaient du vide sanitaire, des araignées, je décide de prendre une grande bombe d'insecticide, je mets du collant pour bloquer la buse, je ferme la porte et j'attends. Pendant ce temps aspirateur ou autre chose, je n'irai pas jusqu'à dire que ma mémoire se souvient, faut pas pousser...et si, je pousse la porte, la bombe est vide et j'appuie sur l'interrupteur ! Et après je réfléchis...ouf, pas de boum !
Un petit repas d'hommes d'affaires en semaines, ils sont une dizaine, ce soir là, Maïté et Gene étaient restées discuter avec ces hommes, me semble t-il de la Thomson CSF venus avec de gros clients, nous avions des bouteilles de Don Pérignon vintage 1970, il me semble que 6 ou 7 étaient parties. Ces clients étaient à la table 7-8 ! Quel rapport avec les toilettes, allez vous me dire ? Tous en cost**d cravate, mais il y en avait un, mais lequel, à qui il manquait quelque chose. Je passais et repassais devant leur table, discrétement je les fixais un par un, allait en bout de table pour voir ce qui étaient de dos, ça parlait, ça discutait, ça riait, dans ces cas là, quand il y a une ou deux femmes, qui de plus étaient très attractives, les mecs se disent, pas tous, peut-être que je vais m'en faire une. En tout cas, je savais que dans le lot, un seul n'y pensait pas. Pendant que tout ce monde vivait joyeusement ce moment, j'étais entré dans les toilettes pour faire ce que j'avais à faire, il n'y avait pas à l'époque de wc pour le personnel. Et là, quoi ? Non ? Sans dé***ner ! Habilement coincé derrière la cuvette, un slip, un slip plein de m***e, un truc à dégu**ler sur place. A la recherche d'un sac, porté dans la cuisine, et malgré tous mes efforts je n'ai pas pu savoir lequel était parti avec sa chemise et son pantalon, mais sans slip. J'avais bien regardé leurs démarches en partant...rien !
Et pour terminer, vite fait, un mariage, un mariage où la mériée s'effondre en pleurs au milieu de sa robe, tombant au sol comme une vieille chaussette haute, en plein sur la piste de danse, elle pleure, elle pleure, son mari est parti à pied à travers la campagne de Loc Maria Plouzané, au bar, les parents interpellent leur fille : On te l'avait dit de ne pas l'épouser ce co***rd, et la mère : c'est un pauvre con ma fille. Ne soyez pas tristes lecteurs, le témoin était resté, les parents non. Alors avec son énorme robe elle s'est engouffrée dans les toilettes, il lui fallait un témoin de son desespoir, il est entré à sa suite, vingt minutes de consolation et pas mal de bruit. Ils eurent de beaux enfants et vécurent...heu...je n'en sais rien !!! A demain