09/22/2025
Voilà, mon bébé me quitte tranquillement.
Les Halles, c’est des souvenirs d’enfance, mais aussi des souvenirs d’adulte.
J’y ai pris place en ouvrant un restaurant de style « cabane à patates » le 2 juin 2012.
Ce resto, j’ai pu l’ouvrir grâce à la confiance de deux amis, Pierre et Claude, qui m’ont prêté les sommes nécessaires.
Pour avoir de l’argent de départ dans ma caisse, j’ai utilisé mon chèque de 4 % de mon départ du Sagamie St-Georges.
J’avais minutieusement choisi mes fournisseurs. Martin Girard, qui travaillait alors aux Jardins du Saguenay, a pris la peine d’entrer un samedi pour venir lui-même me porter ma commande.
Ma marraine était venue faire la caisse. Je ne savais pas trop ce qui m’attendait cette journée-là.
En 2013 et en 2015, j’ai embauché des étudiants anglophones en immersion. C’est ce qui a sauvé mon été 2015, alors que je m’étais déchiré le genou droit. Je me rappelle avoir travaillé avec des béquilles.
En 2017, j’ai acheté la crèmerie. Merci à Cyr, à sa sœur et à ses enfants, particulièrement Maxym, qui n’a jamais cessé de m’aider de bon cœur.
Au fil du temps, j’y ai connu énormément de gens, et j’en ai perdu aussi : des clients décédés, des artisanes parties à la retraite. Je garde un beau souvenir de chaque personne que j’y ai croisée. Je me suis fait plusieurs amis pour la vie.
Dans les dernières années, les Halles ont connu un regain grâce à l’arrivée d’une nouvelle génération d’artisans. Merci à Isabelle, Sarah et Sylvain d’avoir pris en charge ce volet et de nous avoir offert de si beaux moments. Merci à Mario Vézina de s’être occupé du volet musical de nos activités.
Merci aussi à Kevin et Jonathan, qui ont été des conseillers proches des Halles.
Merci à Agathe, qui a été l’agente de liaison entre nos besoins et la Ville.
Merci à tous les employés que j’ai eus, surtout ceux qui sont revenus plus d’un été. Merci à mon meilleur, Alexis, qui, même sans travailler, venait m’aider quand j’en avais besoin.
Merci aux fidèles clients, fans de ma sauce BBQ (ahah). Merci d’avoir cru en moi. Merci d’avoir été là jusqu’à la fin.
Merci à Félix et Francis, deux personnes très précieuses dans ma vie, qui m’ont vraiment soutenu et aidé dans cette aventure (même s’ils n’avaient pas trop le choix, hihi). Vous vous êtes approprié la place comme je n’aurais jamais pu l’espérer.
J’ai gardé quelques souvenirs que j’exposerai dans mon futur bureau de conseiller municipal ou ailleurs dans la ville. Une page d’histoire se tourne, mais ne dois pas être oublié.
Finalement, les Halles, c’était aussi un gouffre financier, un poids qui m’empêchait trop souvent d’avancer professionnellement. Mais c’était une vocation. Les clients étaient davantage des usagers. Plusieurs venaient simplement pour jaser. On brisait la solitude des gens, dans un secteur déjà sensible à la pauvreté. Les gens ne perdent pas seulement un service de proximité : ils perdent un lieu d’attache, un lieu de sécurité, un lieu de rires et de bons moments. Trop dommage que le parc n’aura plus jamais de resto ou crèmerie. Je penserai continuellement à vous.
La démolition des Halles marque la fin de ma carrière et de ma passion de restaurateur. Maintenant, malgré les larmes aux yeux, je regarde vers l’avant, la tête remplie des souvenirs des 12 années passées avec vous tous.
Daniel Tremblay-Larouche
Propriétaire du resto et de la crèmerie
Gestionnaire des lieux