11/10/2023
BLABLACOOK c’est fini
L’idée de cette petite entreprise a germé au premier semestre 2018, j’y ai mis tout mon cœur et toute mon énergie. Ça n'a pas été simple tous les jours. Il y a eu des hauts et des bas. Un chiffre d’affaires très fluctuant… nan… sans blague… t’as galéré en 2020 !!!
J’ai vécu des moments intenses, j’ai appris énormément. Sur moi, sur les autres, sur moi avec les autres. J’y ai pris énormément de plaisir. Je me suis même surprise à être fière de moi. J’ai rencontré des gens de tout horizon, drôle, sympatique, heureux et triste parfois. Vous avez été incroyablement généreux de par qui vous avez été pour moi.
Bon c’est pas un secret, je me suis aussi mise de côté, l’important c’était mon nouveau bébé. Je l’ai fait naitre et grandir, je l’ai aidé à affronter les tempêtes et je l’ai emmené là où je voulais. J’ai réussi à exister aux yeux de la société, à bo**er à plein temps et même bien plus que 40H semaine comme beaucoup d’artisans. J’ai réussi à être rentable sur le long terme avec des résultats toujours à la hausse depuis fin 2020.
Le repos forcé de ces derniers mois m’a fait réfléchir autrement. Y’EN A MARRE DE BO**ER TOUTE SEULE, même si la solitude était recherchée au départ, j’ai évolué.
Et puis j’ai surtout compris que je n’avais pas guéri des blessures du passé. Mon ancien collègue suicidé il y a plus de 10 ans, « G » avait 28 ans. Une autre à la même époque, victime de harcèlement moral et sexuel que je ramassais dans les toilettes en pleine crise d’angoisse. Et moi, évidemment pas épargné le jour où je suis tombée enceinte !!
TU FAIS C***R TITIA !!! T’ES QU’UNE VACHE BONNE A VELER !!! ON VA LA FAIRE SOUFFRIR JUSQU’A CE QU’ELLE EN CRÈVE !!!
Et ben tout çà… j’ai cru que c’était fini… j’ai cru que c’était derrière… bah oui, tu le sais toi qui me connais, chui une nenette forte, un sacré tempérament … chui un bélier… chui une fonceuse … je passe à travers tout… et ben finalement non, pas du tout !!! 🤷♀️
C’était y’a plus de 10 ans et çà me hante encore. La différence c’est qu’aujourd’hui j’ai plus honte de çà, j’ai plus honte d’être « faible » face à tout çà. C’était mon ressenti hein parce qu’en vrai c’est pas être faible que de flancher quand on a vécu des trucs violents. Alors tu vas me dire « oh si çà avait été moi, ça se serait passé autrement »… Oui, bah t’y étais pas !!! Parce que ce n'est pas l’horreur du jour au lendemain. Ça arrive petit à petit, insidieusement, tu t’en rends pas compte tout de suite, ça serait trop facile…
Tu connais l’histoire de la grenouille qu’on plonge dans de l’eau froide qu’on fait chauffer doucement et de celle qu’on jette directement dans l’eau bouillante ? Ben va voir, cette histoire illustre bien mon propos.
Alors voilà c’est décidé, J’ARRETE, je prends du temps, beauuuuuuucoupppp de temps… pour moi, pour les autres, pour des assos qui me tiennent à cœur… pour mon entourage, pour mon cocon… mais avant tout et surtout pour moi. Je vais me soigner… de l’intérieur… pour de vrai… au pire je mangerai des pâtes tous les jours si j’ai pu une thune, c’est pas çà qui compte. Ce qui compte c’est l’humain, ce qui compte c’est d’aller bien. Un jour, je n’aurai plus de nausée en entendant certaines sonneries de téléphone, un jour je n’aurai plus peur au fond d’un entrepôt, un jour je serai sereine à reprendre un boulot avec des collègues et un boss. Parce que bah oui ... je suis capable de pleins de trucs, ces 5 années me l’ont montré.
On m’a cramé les ailes à peine déployées mais chui sûre que çà repousse. Un jour je serai un bisounours, un jour je serai une licorne.
Voilà, ce n’est pas ici le mur des lamentations, mais je sais que parmi vous, y’en a qui ont morflé aussi, alors je voulais finir sur mon témoignage, un parmi d’autres…
Au revoir, Laëtitia.