08/10/2026
🍐 Vous êtes déçus ? Moi aussi… et sûrement plus que vous.
Cette photo, ce sont nos poires Conférence.
Voilà ce qu'il reste d'une production que j'aurais évidemment préféré vous vendre sur les marchés.
Depuis quelque temps, j'entends parfois : « Ah… ce ne sont pas les vôtres ? Alors je n'en veux pas. »
« Ah, elles viennent d'où ? Sûrement pas ! »
Je comprends que certains viennent jusqu'à mon étal parce qu'ils veulent retrouver la productrice et ses fruits.
Mais cette productrice, je le suis toujours.
Je n'ai pas abandonné mon métier. Je n'ai pas décidé, par facilité, de remplacer mes fruits par ceux des autres.
Cette année, c'est ma récolte qui m'a abandonnée.
Et croyez-moi, vendre des fruits que je n'ai ni vus pousser, ni surveillés, ni cueillis me fend le cœur 💔
Quand vous me demandiez les années précédentes:
« Est-ce qu'elles cuisent bien ? »
« Elles sont comment cette année ? »
« Vous en aurez encore la semaine prochaine ? »
Je savais quoi vous répondre.
Je connaissais nos arbres, nos variétés, leur maturité, leurs qualités et leurs petits défauts. Je savais ce qui était encore dans le verger, ce qui allait être cueillit et ce que je pourrais ramener pour le marché suivant.
J'étais fière de connaître mes fruits. Et j'étais surtout fière de vous les vendre.
Aujourd'hui, à certaines de vos questions, je dois simplement répondre : « Je ne sais pas. »
Parce que je ne peux pas connaître aussi intimement un fruit que je n'ai pas produit. Je ne maîtrise pas non plus les stocks des producteurs auprès desquels je m'approvisionne.
Alors oui, je revends cette année des fruits qui ne sont pas les miens. Pas pour faire semblant d'être productrice. Pas parce que c'est plus simple. Mais parce qu'après une année catastrophique pour notre verger, c'est aujourd'hui ce qui me permet de continuer à monter mon étal, à venir sur les marchés et à faire vivre notre exploitation.
Et à ceux qui continuent malgré tout à venir me voir, à essayer ce que je vous propose et à me faire confiance : merci. ❤️
Je vois bien parfois votre déception. Je la comprends.
Mais derrière mon étal, il y a aussi la mienne.
Parce que personne n'aimerait davantage que moi pouvoir à nouveau vous dire :
« Oui, celles-là, elles viennent de chez nous. » 🍐🍎
Et j'espère de tout cœur pouvoir vous le redire la saison prochaine.
Et puisque je vous parle avec le cœur, il y a une autre chose que je voudrais rappeler…
Notre cagnotte est toujours là.
J'en parle peu. Peut-être trop peu d'ailleurs, car forcément, quand on n'en parle plus, elle se fait oublier… et les dons se sont aujourd'hui quasiment arrêtés.
Pourtant, notre besoin, lui, n'a pas disparu.
Il y a quelques jours, une dame m'a dit avec beaucoup de gentillesse : « L'année prochaine, ça ira mieux ! »
Je l'espère tellement. ❤️
Mais je lui ai répondu quelque chose qui résume finalement assez bien notre situation :
L'année prochaine pourra être meilleure… encore faut-il que nous soyons capables de travailler pour qu'elle le soit.
Parce qu'un verger ne s'entretient malheureusement pas tout seul.
Si cet hiver les arbres ne peuvent pas être correctement taillés et entretenus, nous n'aurons pas, l'année prochaine, tout ce qu'ils auraient pu nous donner.
Et si Jérémy n'a pas le matériel adapté pour travailler malgré son handicap et ses douleurs, je ne peux pas simplement lui demander de serrer les dents et d'aller travailler comme avant.
Parce qu'espérer une belle récolte l'année prochaine, c'est bien… mais encore faut-il que nous puissions continuer à travailler dans le verger sans y laisser davantage notre santé.
La dame m'a alors demandé : « Mais qu'est-ce que vous ferez de vos pommes ?! »
Sur le moment, je n'ai même pas su quoi lui répondre.
Et puis finalement, la réponse est assez simple.
On fera ce qu'on pourra.
Si nous pouvons entretenir, récolter et reprendre normalement nos marchés, nous serons les plus heureux du monde de vous retrouver avec NOS fruits.
Si nous arrivons à produire et à cueillir mais que, faute de véhicule adapté, nous ne pouvons plus nous déplacer pour travailler correctement, alors nous les vendrons à la ferme.
On s'adaptera. Encore.
Mais avant de se demander où nous vendrons les pommes de l'année prochaine, il faut réussir à faire pousser cette prochaine récolte et être physiquement capables d'aller la chercher dans les arbres, la ramener et la stocker.
C'est aussi à cela que doit servir notre cagnotte : nous aider à nous équiper pour que le handicap ne signe pas la fin de notre métier, pour continuer à entretenir nos arbres, travailler dans de meilleures conditions et pouvoir croire réellement à la saison prochaine.
Je ne veux pas vous solliciter à chacune de mes publications. C'est justement pour cela que je n'en parle pas constamment.
Mais aujourd'hui, après vous avoir montré l'état de nos propres fruits, il me semblait important de rappeler que la saison 2027 ne commencera pas au moment où les premiers fruits seront mûres.
Elle commence cet hiver, avec la taille, l'entretien du verger et tout le travail invisible qui précède une récolte. 🌳🍎
Alors la cagnotte est toujours là. Chaque don, même petit, chaque partage, chaque personne à qui vous racontez notre histoire peut nous aider.
Et notre plus beau « merci », ce serait peut-être de pouvoir vous retrouver l'année prochaine derrière notre étal et vous dire enfin :
« Oui. Celles-ci sont à nous. » ❤️🍎🍐
https://www.we-solidaire.com/fr/collecte/les-vergers-de-l-eolienne-exploitation-familiale